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Cloudflare Pages vs Vercel vs Netlify pour un site d'entreprise
Bande passante, functions, prix 2026 : comparatif des trois hébergeurs statiques du point de vue d'un site d'entreprise, pas d'une app SaaS.
Cloudflare Pages, Vercel, Netlify : trois plateformes qui promettent la même chose, déployer votre site depuis Git sur un CDN mondial, avec un plan gratuit en vitrine. Les comparatifs qui circulent les départagent presque toujours du point de vue d’un développeur d’application SaaS : frameworks supportés, edge functions, temps de build.
Ce n’est pas notre angle. Nous parlons ici du cas le plus répandu et le moins traité : le site d’entreprise. Un site vitrine, un site de marque, un site multilingue, éventuellement un blog. Un site qui doit être rapide, disponible, et coûter le moins possible à faire tourner pendant des années. Sous cet angle, les trois plateformes ne se valent pas du tout.
Chiffres vérifiés en juillet 2026 : les trois ont changé leurs tarifs récemment, et les articles de 2023 qui traînent en tête de Google racontent un marché qui n’existe plus. Netlify est passé à un système de crédits en 2025, puis l’a resserré en avril 2026 ; Vercel a réorganisé ses quotas ; Cloudflare a relevé ses limites de fichiers en janvier 2026.
La bande passante : le point qui décide presque tout
Pour un site d’entreprise, la bande passante est le poste qui fait la vraie différence, parce que c’est le seul qui croît avec votre succès sans que vous ne changiez rien au site.
Cloudflare Pages ne compte pas la bande passante des fichiers statiques. Pas de quota, pas de compteur, pas de surfacturation, y compris sur le plan gratuit. Un pic de trafic (campagne presse, publicité, article viral) ne coûte rien et ne coupe rien.
Vercel compte tout. Le plan gratuit (Hobby) inclut 100 Go de transfert par mois et 1 million de requêtes edge, mais surtout : il est réservé aux usages non commerciaux. Un site d’entreprise n’y a contractuellement pas sa place. Il faut donc partir sur le plan Pro à 20 $ par utilisateur et par mois, qui inclut 1 To de transfert, puis 0,15 $ par Go au-delà.
Netlify compte tout, en crédits. Depuis 2025, tout est converti en crédits : le plan gratuit en donne 300 par mois, et depuis avril 2026 la bande passante coûte 20 crédits par Go et chaque déploiement 15 crédits. Faites le calcul : 300 crédits, c’est l’équivalent d’environ 15 Go de trafic par mois, déploiements non déduits. Un site d’entreprise avec un peu d’images dépasse ça sans forcer. Les plans payants démarrent à 9 $ (1 000 crédits) et 20 $ par mois (3 000 crédits, membres illimités).
Pour un site dont le trafic peut croître, la conclusion est brutale : chez Cloudflare, le succès est gratuit ; chez les deux autres, il se facture.
Les functions : largement suffisantes partout pour un site vitrine
Un site d’entreprise a besoin de très peu de logique serveur : recevoir un formulaire, relayer vers une API d’email, parfois une petite recherche. Sur ce terrain, les trois plateformes font l’affaire.
- Cloudflare Pages Functions : adossées au plan Workers, 100 000 requêtes par jour en gratuit, exécutées sur le réseau edge de Cloudflare.
- Vercel Functions : généreuses et techniquement excellentes, quotas mesurés en heures de CPU, pensées pour des applications complètes.
- Netlify Functions : décomptées des mêmes crédits que le reste, ce qui les rend paradoxalement précieuses sur le plan gratuit.
Verdict honnête : si votre projet est une application avec beaucoup de rendu serveur, Vercel offre l’expérience la plus aboutie, surtout avec Next.js. Mais pour les quelques formulaires d’un site d’entreprise, les trois sont surdimensionnées, et ce critère ne devrait pas peser dans votre choix.
Expérience développeur et lock-in
Vercel offre la meilleure expérience développeur du marché, c’est incontestable : intégration Git parfaite, previews par branche exemplaires, écosystème Next.js maison. Le revers : Vercel édite Next.js, et l’ensemble vous attire doucement vers des fonctionnalités propriétaires (ISR, middleware maison, analytics intégrés) qui rendent la sortie plus coûteuse. Pour une app, ce confort se paie d’un attachement ; pour un site statique, il est superflu.
Netlify a inventé la catégorie et reste très agréable : previews, formulaires intégrés (gratuits depuis avril 2026), redirections simples. Mais la tarification à crédits, révisée deux fois en un an et dont chaque révision achète moins de ressources par crédit, rend le coût futur difficile à prévoir. C’est un signal à intégrer quand on héberge un site prévu pour durer dix ans.
Cloudflare Pages est plus austère : interface plus brute, écosystème Workers à apprivoiser si on veut aller loin. En contrepartie, le lock-in est minimal pour un site statique : vos fichiers HTML se redéploieraient ailleurs en une heure. À noter en toute transparence : Cloudflare oriente désormais les nouveaux projets vers Workers (qui sert aussi les assets statiques), Pages restant pleinement maintenu. Pour un site d’entreprise, ça ne change rien en pratique, les deux offres partagent le même réseau et la même philosophie de bande passante non comptée.
Le tableau : prix et limites 2026
| Critère | Cloudflare Pages | Vercel | Netlify |
|---|---|---|---|
| Plan gratuit utilisable en entreprise | Oui | Non (Hobby = non commercial) | Oui mais étroit (300 crédits) |
| Bande passante en gratuit | Non comptée (statique) | 100 Go/mois | ~15 Go équivalents/mois |
| Builds en gratuit | 500/mois | 6 000 minutes/mois | 15 crédits par déploiement |
| Premier plan payant | ~20 $/mois (Pro) | 20 $/utilisateur/mois | 9 $/mois (1 000 crédits) |
| Bande passante en payant | Toujours non comptée | 1 To inclus, puis 0,15 $/Go | Décomptée des crédits (20/Go) |
| Coût d’un pic de trafic | 0 € | Facturé au Go | Facturé en packs de crédits |
| Previews par branche | Illimitées | Oui | Oui (coût en crédits) |
| Lock-in | Faible | Réel (écosystème Next.js) | Modéré |
Verdict par cas d’usage
Site vitrine, site de marque, site multilingue, blog d’entreprise : Cloudflare Pages, sans débat. La bande passante non comptée élimine le seul risque budgétaire réel, le plan gratuit couvre l’immense majorité des besoins, et le réseau est l’un des plus rapides au monde. C’est notre choix pour jr.agency et pour les sites que nous migrons depuis WordPress, comme nous le racontons dans notre retour d’expérience de migration vers le statique. Les détails du plan gratuit sont dans notre guide dédié à Cloudflare Pages.
Application web, SaaS, site fortement dynamique en Next.js : Vercel gagne. L’expérience développeur, la qualité des functions et l’intégration Next.js justifient les 20 $ par siège pour une équipe produit. C’est un excellent outil, simplement pas conçu pour le problème « site d’entreprise ».
Vous êtes déjà sur Netlify et tout va bien : restez-y, mais surveillez la facture. La plateforme est solide, les formulaires intégrés sont pratiques, et une migration a un coût. Vérifiez simplement votre consommation de crédits après les révisions tarifaires de 2026 : beaucoup de sites gratuits d’hier sont des sites à 9 ou 20 $ par mois aujourd’hui.
Vous hésitez encore : posez-vous une seule question. Votre site est-il un produit logiciel ou une présence en ligne ? Produit logiciel : Vercel. Présence en ligne : Cloudflare Pages, et le budget hébergement disparaît de vos charges.
Questions fréquentes
Pourquoi Vercel interdit-il les sites d’entreprise sur son plan gratuit ?
Les conditions d’utilisation du plan Hobby le réservent aux projets personnels et non commerciaux. Un site qui promeut une activité marchande relève du plan Pro à 20 $ par utilisateur et par mois. Ce n’est pas théorique : Vercel peut suspendre un déploiement commercial détecté sur Hobby. Cloudflare Pages n’a pas cette restriction, son plan gratuit accepte explicitement les usages professionnels.
La bande passante « non comptée » de Cloudflare est-elle vraiment illimitée ?
Pour les fichiers statiques servis par Pages, il n’y a ni quota chiffré ni facturation au Go, sur tous les plans. Les conditions d’usage de Cloudflare interdisent des cas extrêmes (héberger principalement de la vidéo ou des binaires lourds, par exemple), et la limite de 25 Mio par fichier écarte de fait ces usages. Pour un site d’entreprise, même à fort trafic, c’est fonctionnellement illimité : c’est tout l’intérêt du modèle économique de Cloudflare, qui gagne sa vie sur d’autres produits.
Que valent les performances des trois CDN pour des visiteurs en France ?
Les trois ont des points de présence en Europe et servent la France très correctement : à l’échelle d’un site statique bien construit, la différence se joue en millisecondes. Cloudflare dispose du réseau le plus étendu, un avantage qui devient sensible pour une audience internationale ou sur mobile. Mais soyons clairs : le facteur dominant de vitesse reste la construction du site lui-même, comme le montre notre comparatif Astro vs WordPress. Un site lourd sera lent sur les trois plateformes.
Peut-on changer de plateforme facilement après coup ?
Pour un site statique, oui : c’est l’un des grands bénéfices de cette architecture. Le site est un dossier de fichiers HTML, CSS et JavaScript produit par votre générateur ; le redéployer chez un concurrent prend une heure, redirections et variables d’environnement comprises. Le vrai point d’attache est ailleurs : DNS, functions spécifiques à la plateforme, formulaires intégrés. Moins vous utilisez de services propriétaires, plus vous restez libre. C’est aussi un critère de choix initial.
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